Ma main dans la tienne

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Ma main dans la tienne – Un samedi, je vous partageais la « Lettre à C » de Friendly Beauty. Une lettre ouverte au cancer qui s’est logé dans l’intestin de son papa. Je me suis reconnue dans chacune de ses lignes, la colère, la frustration, la peur. Aujourd’hui, j’avais envie de partager avec vous la mienne.

Je pense que je me rappellerais toujours ce soir d’octobre. J’étais à la bourre, devant mon miroir à rattraper mon coup de liner quand j’ai décroché mon téléphone. J’écoutais d’une demi-oreille avant de comprendre que mon grand-père venait de se faire hospitaliser. On nous parle d’AVC, d’encéphalite et pourtant je suis soulagée, car on n’évoque pas le mot « c », celui qui hante mes cauchemars. Cette maladie, qui en octobre 2013 m’avait déjà volé une partie de moi.

Plusieurs mois de traitement, de hauts et de bas, d’hospitalisation, on découvre qu’il se cachait, discrètement, presque invisiblement derrière tout ça. Ce petit connard sait ne pas se faire remarquer le temps de bien s’installer. Les mois qui suivent sont teintés de peur et d’espoir. Tu te répètes encore et encore « Cela va aller mieux, cela doit aller mieux, il faut juste du temps, le bon traitement, mais ça va aller mieux. » Tu attends avec impatience, ton cœur loupe un battement à chaque fois que tu attends des nouvelles des médecins.

Et puis un jour, un simple mot détruit tout ce que tu avais en toi : « incurable ». Une tumeur de type 4, un cancer qui avant même de commencer à gagner la guerre, il n’y a pas de batailles, pas de lutte, juste la possibilité d’essayer contrôler les dégâts, l’avancement. Tout ce qui vous reste c’est d’essayer de stabiliser, gagner du temps, de reculer l’horloge, de figer les semaines, les mois, peut-être une année. Malgré cela, j’ose rêver de plus, peut-être qu’au fond je suis une optimiste ou peut-être que je fuis juste la réalité.

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J’ai perdu mon père quand j’étais petite et depuis, mon grand-père a été mon deuxième papa. La personne qui me conseille, qui me guide, qui m’apporte la stabilité. La personne qui m’a soutenue dans ma vie, dans mes études. Il m’a transmis son amour pour les livres, pour la littérature, pour le dessin et pour les arts. Il m’a rendu forte, m’a appris que la vie était dure mais qu’on pouvait la conquérir. J’ai appris tellement de ses forces et de ses faiblesses, de ses défauts et de sa douceur.

Je suis en colère contre le monde, contre la vie, contre les dieux, contre moi-même. Je suis submergée de frustration. Celle qu’on ressent quand on est impuissant, quand on voit les gens qu’on aime souffrir et qu’on ne peut rien y faire à part être là. J’ai peur. Peur de le perdre, peur de ma vie sans lui, peur de vivre sans adulte dans ma vie, peur du futur.

Je ne sais pas combien de temps il nous reste mon petit grand-père, mais tant que tu seras là, ma main sera dans la tienne.

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Commentaires

  • Alessak

    Écrit le 16 juillet 2017

    Répondre

    Un texte très touchant…bon courage à toi et ta famille, et plein de bonnes ondes pour ton grand-père

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