2016_bonheurs

Merci, adieu.

Mon petit grand-père aujourd’hui j’avais envie, voire même besoin de t’écrire ces quelques lignes. Décrire une petite partie de ce que tu as été pour moi, trouver les mots que je n’ai pas eu le temps de te murmurer.

J’étais si jeune à la mort de mon père que très peu de souvenirs me restes, et mêmes ces petites brides de souvenirs me semblent uniquement être un patchwork d’histoires entendues autour de moi en grandissant. Un père je n’en ai donc pas vraiment eu. J’ai eu la chance d’avoir été proche du père de mon frère présent pendant quelques années de ma vie, mon papa.

Dans tout cela, malgré les détours de la vie, tu as été la présence masculine constante de ma vie. D’ailleurs, tu as placé la barre haute, peut-être un peu trop, de mes attentes concernant les hommes, mais ça on y reviendra. Il m’est bien difficile de résumer tout ce que tu as été et tout ce dont tu continues à être dans ma vie. Parce que même si ta main n’est désormais plus dans la mienne, des petits bouts de toi seront toujours en moi.

Tu m’as montré que l’on n’a pas une quantité limitée d’amour à donner. Tu avais un cœur bien plus grand que toi, malgré ton 1m90. Un jour, après quelques embûches, tu as refait ta vie. La gosse que j’étais à l’époque avait tellement peur de te perdre. C’était bien mal te connaitre, parce que dans ton cœur il y avait bien assez de place. De la place pour moi, pour ta nouvelle famille, pour les enfants de ta femme qui au fil du temps sont devenues tes filles.

Tu m’as appris que parfois on tombe. Je me suis parfois égarée dans ma vie. Que ce soit aveuglée par mon ego ou par la colère. Je me suis parfois trompée de chemin, notamment dans mes études. De temps en temps tu levais un sourcil comme pour me dire « petite, tu ne veux pas y réfléchir un peu plus longtemps ». Tu as toujours été là, tu su montrer une oreille attentive sans émettre de jugement. Tu m’as accepté comme j’étais.

Tu m’as transmis ton amour des livres, de l’écriture et de la littérature. Je ne peux pas sentir l’odeur d’un livre tout neuf sans penser à toi. Quelque part, si aujourd’hui j’ai plusieurs centaines d’articles écrits sur divers plateformes c’est un peu grâce à toi, grâce à ce partage de ta passion qui était si ancrée en toi.

Tu m’as appris à dessiner et à peindre. De la première rose griffonnée sur un bout de papier au premier kit de peinture à l’huile, tu es la personne qui a placé un pinceau dans ma main. Et même si pour l’instant l’idée de toucher une toile ou un carnet m’envoie un gout amer, un jour je sais que cela m’apportera un doux souvenir de nous à chérir. Et quand mes frères et sœurs auront des enfants, je me ferai une joie de leur transmettre ce bout de toi.

Je n’ai pas ton amour pour la chanson française, et pourtant à chaque fois que j’entends Brel j’ai l’impression de t’avoir juste à côté de moi.

Au fond ce que je veux te dire c’est merci. Merci de m’avoir aimé de tout ton cœur. Merci d’avoir été quelqu’un que j’ai pu admirer et respecter en tant que grand-père, mais aussi en tant que personne. Merci. Et si une autre vie nous attend, je me réjouis de t’y retrouver quand le temps sera venu. Adieu.

 

londonien

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