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Noël en sérénité

Dans mon dernier article, je vous parlais des derniers mois de douceur et d’amertume. Je vous confessais mes moments de doute et de deuil, mais aussi mes moments de rire et d’amour.  J’avais prévu d’ensuite vous partager une lettre ouverte à mon grand-père. Cependant, ce matin je me suis réveillée avec l’envie de vous écrire, de vous raconter mon Noël en sérénité.

Cette année, pour la première fois, j’ai décidé de ne pas rentrer à Noël. Cette année, j’avais l’excuse parfaite pour ne pas rentrer : le travail. Quand le moment est venu de planifier les fêtes de fin d’année j’étais à la recherche de mon premier job post Master. Ayant en tête de commencer fin novembre, j’imaginais difficilement poser un ou deux jours de congé afin de rentrer en famille pour les fêtes.

Un matin de décembre, armée d’un café serré, je tombe sur l’article « Pourquoi faire les fêtes quand c’est dur à vivre? ».Dans cet article, Kim nous murmure des souvenirs de Noël joyeux, le changement des dernières années, de chaises vident qui ne seront plus jamais remplies et de son envie pour cette année de profiter des fêtes à sa manière.

Cet article a été une claque. Le travail, au final, n’a été qu’une très petite partie de la raison pour laquelle j’ai décidé de rester chez moi cette année. La vérité est que je n’en avais tout simplement  ni l’envie ni le courage.

Ma situation familiale est compliquée et n’offre que très peu de stabilité. Je me retrouve généralement à faire au moins trois Noël, dans trois villes et deux pays. Noël est souvent synonyme de « trop » : trop de nourriture, trop de bruit, trop de gens, trop de vin. Je passe peu de temps à profiter du moment et beaucoup de temps à me sentir débordée. Je rentre souvent épuisée, drainée  autant physiquement qu’émotionnellement. A cela vient s’ajouter l’absence écrasante des chaises à jamais vides.  Une première il y a quatre ans et une supplémentaire cette année.  Après ces mois difficiles, je n’ai tout simplement pas eu le courage de faire semblant.

 

Cette année, j’ai donc choisi de profiter de Noël à ma façon, un Noël doux et en sérénité. Nous avons décidé de faire Noël juste Tom et moi, mêlant nos traditions respectives. Le 24 en me réveillant j’avais le cœur lourd. Au lieu de repousser mes larmes, je me suis accordée quelques moments à penser à ces souvenirs de Noël du passé, à penser aux absents. J’ai passé beaucoup de temps en cuisine, mais sans aucun stress ou prise de tête. Le 24 j’ai dansé, j’ai ris, j’ai joué aux cartes. J’ai mangé une version revisitée de la bûche de Noël de mon enfance et j’ai bu des petits punchs. Le 25, j’ai ouvert mes cadeaux et puis, j’ai passé la majorité de la journée au lit à dévorer des biscuits devant des films.

Aujourd’hui je me sens calme et sereine. Je profite de ce moment de tranquillité pour vous écrire avant de savourer une dernière ronde de films Noël.

 

Bien entendu, il y a des petits moments que j’ai regretté ne pas vivre cette année. J’ai regretté de ne pas avoir eu l’occasion de boire un vin chaud dans la yourte avec Lysan. J’ai  regretté de ne pas avoir vu les yeux de ma sœur s’illuminer en ouvrant un cadeau et de ne pas avoir chanté avec Franzi. Cependant, je peux vous dire que ce Noël a été un des plus doux, des plus beaux et des plus calme  que j’ai eu l’occasion de vivre. Plus que tout autre chose, c’était le Noël en sérénité dont j’avais besoin cette année.

Et vous, comment s’est passé votre Noël ?

 

londonien

5 Comments

  • Manon

    26 décembre 2018 at 2:05

    J’aime beaucoup la douceur de ton article, il y a tellement de conventions et de pression autour de Noël, j’admire ta démarche d’avoir voulu faire Noël à votre façon. Je crois que l’année prochaine je vais essayer de m’approcher de cela, penser d’abord à ce que moi j’ai envie sans me forcer. Je te souhaite une bonne fin d’année !

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    • Anaïs

      26 décembre 2018 at 2:26

      Merci pour ton mot Manon, cela me fait plaisir de savoir que malgré ma longue pause tu passes encore par ici. Je suis tout à fait d’accord, il y a tellement de pression et “d’obligations” autour de Noël. On se force et on s’épuise. Je ne dis pas que je ne ferai plus jamais Noël avec ma famille, mais je pense que trouver un équilibre est essentiel. On oublie trop souvent d’écouter ses besoins.

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  • Laura

    26 décembre 2018 at 10:12

    Il y a beaucoup trop de pression pour Noël, comme s’il y avait une liste de choses à faire absolument sinon t’as tout raté. Tout le monde DOIT retourner dans sa famille, manger et boire ceci et cela (le menu est presque imposé d’ailleurs) jusqu’à faire une crise de foie. Acheter beaucoup trop de choses quit à ce que ça ne plaise pas. La consommation juste pour la consommation, pour emballer quelque chose qui sera revendu le 26. C’est à s’en dégoûter tellement ça devient ridicule. Je suis bien sur la même longueur d’onde… Pas la peine de s’encombrer avec toute cette pression on en a assez toute l’année.

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  • Céline

    28 décembre 2018 at 10:32

    Beaucoup de gens se forcent à vivre un Noël “bien comme il faut” alors que cela ne devrait être qu’un moment de paix 🙂
    Je suis contente que tu aies pu profiter de cette fête à ta manière <3

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    • Anaïs

      29 décembre 2018 at 10:52

      Merci Céline pour ton petit mot <3 Au final on a le droit de passer le moment comme on veut. Sur Twitter j'ai vu passé tellement de "Cette année encore obligé de traverser la France pour un repas". Il n'y a aucune obligation, c'est un choix.

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